22.1.09

Recommencer à espérer

Espérer mieux dans la vie n'est pas toujours facile et malgré mon dernier texte un peu moralisateur, je crois qu'à défaut de se plaindre et de chiâler, il faut toujours espérer et viser à atteindre nos idéaux et une vie la plus sereine possible.

Disons que le travail que j'ai choisi n'est pas le plus évident pour croire que la vie nous permet d'espérer à nos réalisations, nos passions et nos rêves. Ce sont des événements comme ceux que j'ai vécus cette semaine qui me font souvent réfléter ma propre vie. Demain matin, en allant travailler, je peux me faire frapper par l'auto du voisin et en mourir. En fait, plus même; à mon âge, c'est la façon de mourir statistiquement la plus probable.

Être en médecine, c'est d'abord être dans la vie du monde. Profondément impliqué dans la vie, toutes ses coutures et ses racoins les plus sombres. Parfois ce ne sont que des accidents de parcours, mais très souvent, on creuse un peu, et on est submergé par la souffrance, la misère, la maladie, quoi. Occasionnellement la mort aussi; complètement inattendue et extrêmement douloureuse ou paisible et soulageant des souffrances indues.

À naviguer dans ces eaux troubles toutes ses journées, on doit réapprendre à espérer. Espérer que notre propre vie soit ce qu'on veut vraiment qu'elle soit. Idéalement, maintenant, dans le moment présent; sauf que l'humain est une machine très complexe et malheureusement, on est toujours à la recherche de ce qui nous manque. S'asseoir uniquement sur ce que l'on possède, affectivement, intellectuellement, socialement ou artistiquement (et pour certains matériellement aussi); l'être humain a beaucoup de misère avec ça. Ça prend l'espoir de quelque chose de meilleur, aussi minime que ce soit. Quand on perd cet espoir-là, c'est là que tout flanche.

Pour la énième fois depuis les derniers 4 ans, je me dois donc de recommencer à espérer rencontrer l'âme soeur. C'est la première fois que j'en parle sur mon blogue, je crois. Ça teinte par contre ma vie pas mal depuis les dernières années, alors dites-vous bien que lorsque mes messages sont teintés de mélancolie ou d'impatience, soit il s'est passé un événement exceptionnellement troublant dans l'histoire médicale d'un ou d'une patient(e) (comme au dernier message...), soit c'est l'éternel espoir du mieux, de l'idéal qui se pointe la face...

19.1.09

Papalia avait raison, ou comment ne pas se plaindre quand les choses vont bien dans notre vie

Desfois vraiment, je me demande pourquoi je chiâle dans la vie. J'imagine que c'est pour ça que je n'ai rien écrit depuis presque un mois, parce que je me taisais plutôt que de dire des étourderies.

Si jamais j'en entends un ou une qui a le culot de chiâler sans raison dans les prochains jours (d'ailleurs, si ça peut durer plus longtemps, ça me fera juste plus de bien), je lui dit de manière très très sèche, puis je vais peut-être même me permettre de lui dire bêtement, tiens!

Parce qu'il n'y a rien de plus terrible que ce à quoi j'ai assisté aujourd'hui. Rien. Puis même si ça ne se dit pas complètement ici par confidentialité, ne vous imaginez pas que c'est joyeux. Imaginez plutôt exactement le contraire. En fait, j'avais déjà lu ça dans un livre; un livre qu'on trouvait oh combien stupide à l'époque de la première année en médecine.

Papalia, D. et al., Le développement de la personne, 5ième édition, Éditions Beauchemin, p.524:
"Une femme qui perd son conjoint est une veuve; un enfant qui n'a plus ses parents est un orphelin."

Dire qu'on a déjà ri de cette phrase-là, parce qu'on la trouvait niaiseuse... "GGGEEE, Je suis en médecine, c'est sûr que je sais ça!" Sauf qu'on a oublié de lire la suite...

"Étonnamment, il n'y a pas de terme pour désigner un parent qui a perdu un enfant. C'est comme si le traumatisme était tel qu'il n'y a pas de mot pour le décrire. (...) La mort d'un enfant, peu importe l'âge, devient alors un événement cruel, un choc anormal, un événement prématuré qui, dans le cours normal des choses, ne devrait pas arriver."

Ben, ça arrive. Alors ceux qui se plaignent, pensez-y vraiment et posez-vous les vraies questions:
1) Êtes-vous en vie? J'espère que la réponse est oui, sinon, il y a un problème avec ma section de commentaires.
2) Êtes-vous en santé? Si oui, passez à 3. Sinon, ça dépend. Malheureusement, je ne veux pas m'impliquer dans un conflit de valeurs, alors je vais me censurer ici; mais, la sous-catégorie de gens à qui on a offert de l'aide et qui se plaignent encore, soit vous avez vraiment besoin d'aide, soit passez à 3.
3) Êtes-vous aimé par au moins une personne? Si oui, passez à 4. Sinon, vous avez besoin d'aide.
4) Vous n'avez pas à vous plaindre. Profitez de la vie et agissez autour de vous pour un monde meilleur et que plus de gens se rendent où vous êtes.

Pendant ce temps-là, je vais essayer d'apprécier les soins intensifs. C'est mal parti, mais je ne me plains pas; car je suis en vie, en santé et je suis aimé.