9.6.09

Se retrouver

Newfoundland.
C'est quand même poétique comme nom de province, vous trouvez pas? Je trouve que c'est mieux que juste Terre-Neuve.

L'adjectif "found", ne veut pas seulement dire nouvelle, mais bien "trouvée". C'est une appropriation beaucoup plus complète.

Quand une série de réunions dans une ville une heure et demie plus tard dans les Maritimes s'annonce, à première vue, ce n'est pas très invitant. Pourtant, j'en reviens et force est d'admettre que : je m'en ennuie !!

I've "found" une nouvelle fois que côtoyer des gens du matin au soir, j'adore ça, surtout les gens de qualité que je rencontre lors de ce type de réunion, i.e. des médecins de famille des plus dévoués du Canada. De retour dans mon petit (bon, il est grand, mais tout endroit où je suis seul me semblera petit j'imagine...) trois et demi, après seulement une journée, ma solitude m'accueille à nouveau.

Aujourd'hui, j'ai eu une rencontre avec un patient qui m'a chamboulé, mais cette fois, du bon sens. En fait, je n'étais qu'observateur à la conversation. Il trouvait sa vie plate et d'un désintérêt grandissant, de plus en plus depuis le début de l'année... ce qui aurait pu vouloir dire bien des choses. Puis, il s'est mis à nous compter sa vie passée.

Soudainement, son visage s'est allumé, il s'est mis à nous conter avec passion toutes les petits détails d'un long voyage d'adolescence passé en compagnie de sa femme, maintenant la mère de ses grands enfants, dans les auberges et les vignobles d'Europe et jusqu'en Afrique du Nord. Plus la consultation avançait, plus il se remémorait les événements et répétait combien il était heureux durant ce temps et qu'il aurait toujours voulu y rester. Chaque arrêt du voyage était compté avec une saveur particulière et un vocabulaire riche et choisi; on aurait dit que j'écoutais une leccture d'un roman de l'époque réaliste. Tout ça raconté de façon tellement vraie, profonde, on dirait qu'il respirait à nouveau. J'avais devant moi une carte du monde dans ma tête et je le suivais au gré de ses dires.

Honnêtement, j'ai failli pleurer de joie à la fin de l'entrevue tellement il venait de réaliser quelque chose d'important dans sa vie, tellement j'étais content que ce monsieur, simplement en nous racontant son histoire, se rende compte où il en était maintenant rendu. Ma superviseure m'a dit, après que le patient nous ait quitté, que nous venions d'assister à quelque chose d'exceptionnel, mais elle n'avait pas besoin de le souligner, je le sentais.

Il venait de se retrouver.

Je suis allé manger, plein d'espoir de pouvoir raconter un jour, mes propres périples, à commencer par cette fin de semaine bien entourée à St-John's entre deux meetings, un homard et une danse au son de la musique traditionnelle des Maritimes.

2 commentaires:

Jo a dit…

salut!
bon texte! on dit "conter" par contre :P (tu vas comprendre en te relisant)
Vive St-John's!!!
Bisoux!

Anonyme a dit…

Heureuse de te (re)lire.
Ça faisait longtemps...