Ce soir, j'ai eu la chance d'écouter la dernière heure de l'émission Macadam Tribus à la radio de Radio-Canada. Ça faisait douze ans que ça jouait. Tribune de toutes les folies et de toutes les absurdités, l'émission animée par Jacques Bertrand d'une main de maître a passé au couperet du gouvernement, parce qu'elle était intelligente, épicée, mais non rentable.
Tout comme Gregory Charles et l'émission de Patrick Masbourian, Vous êtes ici, qui même si elle était plus jeune, représentait cette autre radio.
Cette radio qui est mordante et qui fait réfléchir. Celle qui fait découvrir des musiques éclectiques, qui n'a pas peur d'exprimer son opinion tout en allant chercher celle des autres, qui sait rire d'elle-même et qui, au bout du compte, forme des esprits critiques et ouverts. Celle qui fait différent de toutes les autres radios commerciales qui ne font que jouer démogogie et superficialités.
Harper lui, ne voit là-dedans que pacotilles et perte monétaire.
Mais ça ne s'arrête pas là. J'allais tout de même ce soir écrire ce message, j'en ai pris la décision dans l'automobile tout à l'heure, mais là, le gouvernement a dépassé les bornes. Moi qui suit déjà acerbe envers les politiques de droite; là je ne me suis jamais senti aussi près du fascisme pur et dur. Lisez bien cela...
À la fin de cette dernière heure de cette dernière émission, que je trouvait prématurée, il me semble qu'il restait au moins 5 bonnes minutes avant l'heure (parce qu'il n'y a pas encore de pub à la Radio-Canada... donc l'émission devait se terminer presque à l'heure tapante pour les informations), un petit indicatif baroque et fleuri. Je me dis; ah, un calembours final pour puncher fort; c'est vraiment leur genre. Cependant c'est la voix d'un autre annonceur, celui qui annonce les messages de partis politiques lors de campagnes électorales.
Un discours officiel du (dés)Honorable Christian Paradis, ministre conservateur qui représente le Québec, qui nous fait un dégobillage de langue de bois sur le plan des conservateurs pour passer la crise économique et qui dit qu'il investit massivement dans les infrastructures canadiennes pour faire mousser l'emploi. Encore pire (vraiment, je ne le crois toujours pas), il parle de la réforme de l'aide sociale!!! Et de comment le gouvernement va faire une réforme équitable et je-ne-sais-trop-quelle-sornette-encore pour que même si les gens perdent leur emploi à cause de la crise, ils ne soient pas démunis trop longtemps. Vraiment, j'ai espéré jusqu'à la fin que ce ne soit que l'apothéose d'une blague macadamienne...
...sauf que c'était bel et bien le ministre qui parlait. Lorsqu'il eût fini, le petit indicatif baroque et fleuri a repris pour se terminer.
"Rassurez-vous, tout va bien; on coupe votre émission pour sauver vos jobs. On donne 5 milliards à GM; il faut bien ramasser nos cennes noires quelque part. Puis on vous fait croire que votre chômage va être plus safe, comme ça quand vous allez être pognés chez vous à écouter la radio, ben vous aurez une autre chaîne privatisée qui vous lance des absurdités avec notre propagande en plus!"
20.6.09
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