28.2.08
Dans 7 jours
On va avoir notre MD, soit. On va travailler en moyenne 72 heures par semaine selon les dernières statistiques. Ce choix déterminera donc comment et où on les travaillera, en plus de déterminer ce que l'on sera plus tard.
Le plus grand problème de ce choix est qu'on le contrôle très très peu.
On choisit où on APPLIQUE. Ensuite, les programmes font aussi leurs choix de candidats. Dans mon premier choix, l'UMF (Unité de médecine familiale) de Charles-Lemoyne, 136 finissants ont postulé. Il y a 14 postes.
Aujourd'hui était le dernier jour pour dresser la liste de nos choix. Certains de mes collègues, un en particulier, ont choisi aujourd'hui leur spécialité; s'ils voulaient devenir psychiatre ou médecin interne, hésitant jusqu'à la dernière minute ou presque. Heureusement, je n'ai pas le dilemme que plusieurs ont; je veux être médecin de famille, et ça ne changera pas de sitôt.
Le suspense dure 7 jours. Dans 7 jours, quelque 90% des gens de ma classe sauront où et comment ils passeront les 2 à 5 prochaines années de leur vie et quelle sorte de médecin ils seront. Dans 7 jours, une autre charnière tournera sur ses gonds, un autre pan de ma vie me sera dévoilé. Depuis aujourd'hui, je ne contrôle plus rien, mes choix sont faits, les jeux sont faits, les dés sont pipés, name it; ma destination dépendra des choix des 600 quelques autres personnes au Québec et même plus venant d'ailleurs qui appliquent en même temps que moi.
C'est un peu comme dans la Matrice. Choisir doit être une des choses qui nous rend le plus notre appartenance au genre humain. C'est nos choix et ceux des autres qui forgent notre vie. Sauf qu'on contrôle juste les nôtres, alors on se stresse en masse pour les faire comme du monde.
Amen.
26.2.08
Au revoir le cousin!
Je m'y connais assez peu au hockey, mais étant un fan montréalais tout de même, je trouve ça dommage, parce que Huet est un de ces joueurs qui n'ont pas la tête enflée et qui jouent avec assurance.
Un commentaire sur rds.ca qui est intelligent et posé et qui retrace le parcours de notre ami cousin; watchez-le ben nous battre en séries cette année !
25.2.08
Selles
2) Ce n'est pas un mot que je connaissais quand j'avais 12 ans (d'où ma surprise dans mon stage actuel que les enfants de cet âge savent ce que c'est)
3) Ce n'est pas un mot que j'utilisais avant d'être en médecine.
4) Ce n'est pas un mot que j'utilisais souvent dans une blague avant d'être en médecine.
5) C'est un mot que j'ai utilisé à chaque fois que j'ai vu un patient depuis le 5 janvier.
Disons que j'ai hâte de passer à autre chose...
20.2.08
Une St-Valentin différente
J'ai quand même eu beaucoup de plaisir cette année. Voyez-vous, nous avons à la Faculté de médecine notre plus beau (lisez ici robes de bal et complets) et notre plus agréable (lire ici 9 bouteilles de vin pour 10 personnes) party à l'occasion de la St-Valentin. Puis cette année, ils ont pensé à nous, pauvres stagiaires et ont mis ladite soirée un samedi plutôt que dans la semaine (comprendre ici pas vraiment d'heure limite... ça faisait longtemps que c'était arrivé). Disons, selon une expression d'un collègue bien appréciée, que la soirée s'est déroulée comme un charme.
Comme si avec les stages un manque de party s'est créé dans mon être et maintenant je les apprécie plus. Bref, ce fut une bien belle soirée qui m'a remonté le moral, un peu abattu ces derniers temps par le stress du choix de résidence, un stage plus ou moins apprécié et des nouvelles sur le privé en santé qui m'enragent toujours autant.
Savoir piler sur son orgueil ou comment développer des compétences dans des sphères qui nous font ...
L’externe :
Alors Dr, j’ai vu ce patient de 52 ans complètement asymptomatique qui vient pour une colonoscopie de dépistage. Ses selles et sa digestion sont normales, son poids est stable, il ne prend pas de médicaments et il n’a pas d’antécédents familiaux de cancer dans la famille.
Son examen du cou, du cœur, des poumons et de l’abdomen est normal. Alors, je pense qu’on peut lui prévoir une colonoscopie.
Le patron :
As-tu fait son examen rectal?
L’externe :
Euh, non, comme il était asymptomatique, je n’ai pas….
Le patron :
Il faut faire un toucher rectal à tous les patients, ça vous fait pratiquer à voir des examens normaux et on fait du dépistage, alors il faut absolument toujours le faire.
J’imagine que vous n’avez aucune idée qui est l’externe dans ce petit dialogue… Pour le futur médecin de famille en moi, peu d’entités ou de types de patients me rebutent. Malgré tout, une exception persiste; les pathologies anorectales. Il va de soi qu’indirectement, j’ai essayé durant mon stage de chirurgie de me sauver un toucher rectal. Vous aurez compris que ce patient a été le dernier à ne pas se mériter un TR. C’était en début de stage et je mettais ma non-complétion de l’examen physique sur le compte de mon manque de systématique aussi bien que sur le fait que le patient n’avait pas de symptôme, mais je ne réalisais pas à quel point à ce moment-là, ce patron venait de me montrer quelque chose d’incroyablement important, malgré que le jour-même je ne le savais pas.
On apprend beaucoup à piler sur notre orgueil pendant l’externat. Du moins, ça a été le cas pour moi dans plusieurs stages. Dans ce cas-ci particulièrement, il s’est trouvé qu’au tout dernier jour dudit stage, deux patients avaient des anomalies au fameux toucher rectal et pas le genre de pathologies que j’aurais choisies en connaissance de cause. Oui, les patients avaient des symptômes, mais tout de même, j’ai pu mettre en évidence qu’on prend de l’habitude avec tout, même les TR; et qu’on peut sauver des patients en étant plus compétent.
Encore aujourd’hui même, j’ai dû piler sur mon orgueil; tout fier d’avoir fait et vu bouger un tympan avec la petite poire chez un jeune enfant qui pleure, j’annonce fièrement l’absence d’otite à mes superviseurs. La patronne a dû regarder au maximum 0,54 seconde pour annoncer : « Oh, c’est pas beau cette oreille-là. il y a une grosse otite… »
13.2.08
La chir vasculaire dans l'actualité 2; Au revoir Henri!
En résumé, il venait d'avoir 90 ans, allait se produire à Paris encore au mois d'avril, puis il cruisait sans vergogne touTEs les journalistes qui l'interviewait; puis même desfois il avait l'air de cruiser les gars aussi tellement il avait une voix mielleuse! Vraiment attachant, puis une voix vraiment unique.
Et il est mort d'une des pathologies les moins pardonnables (rupture d'un anévrisme abdominal); si tu manques ton diagnostic à l'urgence, au revoir; puis même quand tu réussis ton diagnostic, parfois, au revoir quand même... c'est vraiment triste.
12.2.08
La chirurgie vasculaire dans l'actualité
Mais là, le lendemain, merde... c'est pas la jugulaire (qui est une veine = ça pisse le sang), c'est la carotide (une artère = ça pisse le sang vite! et c'est le sang qui va au cerveau = ouch) que Zednik s'est fait trancher! Bravo au joueur d'avoir eu l'état d'esprit de mettre sa main vraiment vite dessus...
J'imagine qu'il y a un chirurgien vasculaire qui doit 1) être fier de sa job 2) heureux d'avoir fait autre chose qu'une endartérectomie carotidienne chez un athérosclérotique et 3) que les résidents avec lui ont été contents de voir un cas de même, parce qu'il y en aura pas souvent des comme ça!
Aparté (tiré de l'article que je cite) : Zednik n'a jamais perdu conscience. Il s'est même plaint qu'un médecin appliquait trop de pression sur son coup !!!! (sic) dans une tentative d'arrêter l'hémorragie.
10.2.08
Dans la veine du public
Désolé si le petit beat ne plaît pas à tous; je voulais aussi mentionner qu'un des articles cités en bibliographie est tiré du New England Journal of Medicine, qui est le journal médical avec la plus grande cote de crédibilité dans le domaine médical ces temps-ci. Même les Américains disent que le système public est moins coûteux et plus efficace...
La radio existe toujours
Mais quand même, en écoutant Gregory Charles à CBC, je me suis rendu compte que la radio jouait une part importante de ma vie universitaire. D'ailleurs, c'est beaucoup plus agréable de se réveiller avec la radio qu'avec un tonitruant signal qui fait penser à une pagette (bon, là je sais, le logiciel me met une faute, c'est un télé-avertisseur, sauf que; objet de l'enfer, s'il en est un, la communauté hospitalière entière s'entend sur le mot pagette). Alors faute de me réveiller des mouvements d'une compagne, la radio me fait office d'accueil à chaque jour. Mes suggestions d'écoute se retrouveront donc à votre gauche (quel hasard!) à partir de maintenant.