23.3.08

Où ça la résurrection?

Comme prémisse à ce message pascal, soyez au fait que je me case aisément et depuis un bon bout de temps dans la catégorie non-croyant en Dieu. Pas baptisé et fier de l'être.

Non pas que je n'ai pas de spiritualité, bien au contraire, mais disons que j'ai fait le choix d'accepter qu'il y a quelque chose de l'autre bord, qu'il y a quelque chose qui nous anime et qu'il y a quelque chose qui a fait l'univers tel qu'on le connaît et tel qu'on ne le connaît pas. Puis j'ai accepté de ne pas savoir ce que ce quelque chose est. Pour la partie de spiritualité personnelle, je me tiens à quelques principes de base (dont un étrangement tiré de la religion catholique, ai-je appris) qui me tiennent loin de la dépression malgré les moments difficiles sans faire de moi un fanatique.

Bon, le portrait est tracé. Il changera probablement avec le temps, mais pour le moment, je m'en tiens à ça.

Cette année à notre traditionnelle veillée pascale de la famille (car je suis issu d'une famille relativement croyante), en plus des traditionnelles "Qu'est-ce que tu deviens bon?" et "Comment ça va avec les petites filles?", on a parlé de maladie plus que de résurrection. On connaît tous quelqu'un de près ou de loin qui ne va pas bien et qui le nie. C'est difficile de voir des gens qui souffrent. Même après en avoir vu plus que la moyenne des ours de son âge, ce qui est probablement mon cas. Encore plus difficile de voir les gens autour de cette même personne en souffrir autant. Disons qu'aujourd'hui, j'essaie de trouver un parallèle avec la résurrection dans tout ça et j'en vois bien peu. Peut-être est-ce un message pour nous dire d'aider ces personnes-là à retrouver la force de vaincre leurs démons (i.e. ressurgir)? Allez savoir.

C'était le cas aujourd'hui et je me suis vu bien embêté quand les têtes se sont tournées vers moi pour me demander mon avis. Je me sens bien formé pour traiter des dépressions en bureau ou investiguer des gens énonçant un symptôme clair et qui cherchent activement de l'aide. Sauf que je me suis retrouvé un peu perplexe devant une situation que je ne connaissais pas ou trop peu: quoi faire AVANT d'être chez le médecin quand la personne ne formule pas son désir d'être aidé. Quel est mon rôle en temps que médecin dans la vie de tous les jours? Surtout avec des gens que l'on connaît, notre jugement devient vite embourbé avec des émotions. Veut, veut pas, l'esprit rationnel essaie de faire la part des choses, mais ce n'est que sur le tard, dans ma tête que j'ai clairement vu le problème et la solution qui s'y impose. Devant les visages inquiets et les questionnements confus, je n'avais pas pu.

J'espère que j'aurai appris de cette expérience. Au pire, sans faire de résurrection, je me serai peut-être élevé. C'est déjà ça. Tant que je garde les deux pieds sur terre...

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