J'étais présent au Colloque médical étudiant du Québec de samedi dernier lorsque M. Michel Venne a déclenché la vague de discussions sur le rapport Castonguay. M. Venne a débuté sa conférence en mentionnant qu'il ne pouvait se prononcer sur le contenu même du rapport, pour la simple et bonne raison que ce-dernier n'avait pas été déposé, malgré qu'il aurait dû l'avoir été à la mi-décembre initialement.
S'ensuivit un bon quarante-cinq minutes de paroles vagues et fleuves sur les intentions formelles du groupe de travail à encadrer la participation du privé à notre système de santé et comment il faudrait seulement garder le privé comme ressource au service du système public, et non pas nécessairement comment donner des ailes au privé.
J'ai beaucoup de misère à ne pas douter de ce fait. Avec le seul exemple de la clinique Rockland MD à Montréal, où le ministre semble vouloir continuer à aller de l'avant avec une ardeur digne de commandites et lobbying cachés derrière tout ça malgré une myriade de problèmes qui y surviennent déjà, moins d'un an après son entrée en fonction.
Surtout qu'à ce même colloque étudiant, on apprenait dans la matinée, avant que M. Venne ne passe, par la bouche de Dr Pierre-François Gladu, président de l'Association des Jeunes Médecins du Québec, qu'il y a plus (+) de médecins par tête au Québec que partout ailleurs au Canada et qu'on ne réussit qu'à avoir le dernier rang au pays dans la couverture de soins de première ligne, à cause d'une pléiade de contraintes administratives forçant les médecins de famille à soit pallier au manque de spécialiste en faisant de la deuxième ligne en région ou alors en forçant les médecins finissants à faire des tâches autres que de la prise en charge (donc de prévention; qui est mère d'une meilleure santé ET DE COÛTS PLUS BAS selon plusieurs études). Il nous a aussi, en aparté, parlé de solutions concrètes que l'Association qu'il représente proposent, qui respecte complètement le système public en ne faisant que réorganiser les tâches au sein des médecins de famille.
Ce n'est pas évident de bien se renseigner. Bien souvent, en clinique, chaque patron y va de son envolée sur combien il doit payer pour si, ou combien il est payé pour ça, etc, etc. Avoir le portrait global de ce qui se passe vraiment est déjà difficile, encore faut-il renouveler nos connaissances, car c'est en allant à un colloque comme ça que j'en ai appris sur ce qui se passe vraiment dans les rouages du système de la santé. Pour le moment, ce sont toujours mes valeurs et certains bons arguments en faveur de mettre le privé en-dessous du tapis qui l'emportent et que Mario Dumont et autres pourfendeurs du système actuel se ravisent; il ne suffit pas de prouver que le système de santé actuel a des défauts pour qu'obligatoirement le public soit perçu comme incapable. C'est seulement que le privé a ça de beau: ceux qui ont de l'argent sont effectivement mieux soignés et plus vites; mais les autres, on les enlève des statistiques, alors les statistiques sont belles, mais les gens ne sont pas soignés.
Rester critique et bien se renseigner. C'est la clé pour s'y retrouver. Malheureusement, on n'a pas toujours le temps pour le faire.
24.1.08
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