20.6.10

Nouveaux passages

Aujourd'hui c'est la Fête des Pères. Travail de résident oblige; je suis évidemment de garde lors d'une journée comme celle-là; pas n'importe laquelle, une garde en soins de longue durée. La dernière fois que j'étais entré dans cet hôpital avant ce mois-ci, ça vous avait donné tout un billet sur la vie et la mort que vous pouvez trouver dans mes archives étoffées; en novembre 2008 je pense bien... Toujours est-il que la donne a peu changé, j'ai toujours de la difficulté avec des malades grabataires et avec une qualité de vie réservée, mais soit, c'est un apprentissage à faire, la population ne fera que prendre de l'âge avec mes années de pratique, alors je dois m'y habituer, si on peut vraiment s'habituer à voir des gens confus ou paralysés ou les deux...

Beaucoup de visite en ce dimanche ensoleillé de juin. Les centres de soins de longue durée étant des milieux de vie, il y a plus de visite qu'à l'hopital. Moment touchant de la journée: une enfant, probablement autour de 9 ou 10 ans, qui pousse son grand-père (qui, précisons-le, a encore toutes ses facultés cognitives) en fauteuil roulant, les deux avec le sourire fendu aux lèvres, le père de la jeune fille suivant d'un pas heureux derrière. On se campe sur ça quand on passe le restant de la journée à annoncer le passage prochain d'un patient de l'autre côté de la vie et où on vient confirmer celui de deux autres.

Premier message de 2010 et le solstice d'été est dans 24 heures, c'est beau l'assiduïté... espérons que l'inspiration (et le temps, et la volonté) y seront plus souvent; j'aime ça écrire, comme dans le temps où je vivais mes toutes premières péripéties émerveillées et moins merveilleuses d'externe. Depuis mon dernier numéro, tant de passages ont été franchis, J'ai repris confiance en moi et en ma compétence de docteur, j'ai trouvé l'amour (LE fait marquant de ce 6 mois sans aucun doute), j'ai trouvé un emploi qui me convient à merveille, j'ai rempli et vaincu mes deux examens finaux, bref, j'ai passé toutes ces étapes dans un temps qui me paraît si court... la vie professionnelle approche à grands pas.

Cette semaine, entouré de mes confrères et consoeurs finissants, j'ai prononcé le serment professionnel des médecins, dont l'ancêtre a été écrit par Hippocrate il y a un petit bout de temps de cela. La -presque- dernière étape avant de commencer à être un docteur pour vrai; le dernier passage devant le doyen et le premier qui confirme que finalement, toutes ces études se terminent un beau jour.

En attendant la toute fin, le plus beau passage qu'il m'est donné de vivre c'est le passage au bonheur. Je vous le souhaite vraiment à tous.

Durant l'écriture de ce message, j'écoutais:
Ainsi parlait Zarathoustra, Richard Strauss

8.12.09

Avoir de la misère à l'école

Dans ma vie, s'il y a bien quelque chose que je n'avais jamais expérimenté, c'est avoir de la misère à l'école. Comprendre du premier coup une notion, ou peut-être du deuxième, disons que ça aide pour la suite des choses.

Mais le par coeur... bon mettons que j'étais pas un cancre dans le par coeur non plus, mais comparé à mes collègues de l'internationale, puis de gens en médecine ou s'y en allant, je me considère comme "subpar".

Maintenant que les études tirent à leur fin; j'ai de moins en moins de physiologie à apprendre/comprendre et j'en suis à quoi? Apprendre des lignes de conduite, des listes et des algorithmes ... par coeur. Je trouve ça atroce. Puis là, ça a tellement paru que je n'aime pas faire du par coeur et que les informations ne rentrent pas que j'ai officiellement de la misère à l'école. Évidemment, je dois me mettre des mécanismes de défense pour y faire face; genre une giga-banque de données avec toutes les fameuses listes et algorithmes facilement accessibles du bout du doigt. Ça j'ai hâte de faire ça.

Sauf que là je suis supposé faire une présentation sur des algorithmes... alors je vais y retourner de ce pas pour ne pas avoir l'air d'avoir de la misère à l'école quand je vais faire mon oral...

Addendum à la Loi de Murphy (2b)

Parce que jamais deux sans trois s'appliquait encore pour quelque chose de poche, il fallait absolument que je reçoive une quatrième mauvaise nouvelle dans la même semaine.

Ça donne le goût de continuer dans la vie ça.

24.11.09

Se reposer dans le Sud

Bon, ça y est, je suis allé dans le Sud, le vrai, pour une fois dans ma vie. Des vacances méritées? Oh que oui.

Malade cet été et ayant manqué les vacances prévues, avoir couraillé pour me trouver un poste permanent dans une ville qui m'est chère au travers de stage d'obstétrique et de gardes de nuit et d'obligations syndicales de toutes sortes, après avoir fait 3 super réactions vagales par manque de sommeil... quoi de mieux qu'être en vacances dans le Sud pour se reposer?

Mon intestin et mon foie ne vous diront certainement pas que je me suis reposé. Puis mon centre du sommeil non plus. Quatre soirs sur sept + un après-midi passé à consommer sans modération, désolé pour les annonces de la SAQ.

Sauf que miracle, j'étais à nouveau entouré de gens durant toute la journée. Je dois avoir des traits de personnalité dépendants peut-être. Ou bien, c'est que je me suis tellement éloigné d'une vie sociale normale que soudainement je me trouvais ravivé parmi tous ces rires et toutes ces discussions.

Bref, je me suis reposé du H1N1, du stress quotidien de performance, des décombres administratifs du système de santé, mais je me suis surtout reposé de ma solitude qui était en train de m'enfoncer tranquillement dans mon divan devant mon écran d'ordinateur. Pesanteur que je supportais tant bien que mal, mais qui ne me nourrissait aucunement et ça me prenait un repos de cette oppression pour me rendre compte à quel point finalement elle me rendait prisonnier de mes propres moyens de défense, probablement rendus immatures; mes "loisirs" solitaires qui avaient remplacé la vie sociale que je chéris tant, plutôt que de la complémenter comme avant.

Maintenant que je suis reposé de tout ça; il reste à mon foie et à mes intestins à s'en remettre, mais je compte bien rebondir dès que je peux et me remettre le physique et le moral en forme. J'ai beaucoup trop perdu de temps sous ma pesanteur, puis là je commence à mieux la comprendre, je l'attends avec une pelle puis une batte, puis elle va manger la volée quand elle va se pointer la prochaine fois.

27.9.09

Consommer

Quelle sensation de rapporter chez soi une nouvelle acquisition que l'on vient d'acheter avec notre argent durement gagné... Je vous écris en direct de mon nouveau portable, qui me permettra, j'espère, de passer un séjour en Abitibi de trois mois cet hiver avec... un peu plus de communications vers le monde que je connais.

Je dois avouer que je ressens toujours un petit quelque chose à acheter, puis utiliser de nouveaux biens matériels principalement lorsqu'ils sont informatiques...

Capitalisme, quand tu nous tiens...

22.7.09

Avoir une sinusite

Ah un doc malade...

C'est toujours étrange d'aller se chercher une prescription à la pharmacie et que le pharmacien te dise en te donnant ta prescription:

"T'es un résident, toi, hein?"

Faut croire qu'à St-Hyacinthe, comme on était que 6 jusqu'à tout récemment, on se confond pas exactement dans la masse comme à Sherbrooke ou Montréal.

"Prend ça en mangeant" qu'il me dit.
"C'es rough pour l'estomac un peu" que ma docteure m'a dit.

C'est clair que je vais en faire part à mes patients quand je vais leur prescrire ça...

"Mangez en prenant ça, parce que ça va filer comme une roche sur votre estomac" que je vais leur dire.

18.7.09

Addendum à la Loi de Murphy (3)

Comme il ne fait pas beau dès que j'ai le temps d'aller dehors, je m'abonne au gym.

Depuis ce temps-là tous mes temps libres tombent sur du beau temps et la pluis tombe sur quand je suis occupé.